Le jour où j’ai vraiment aimé la vie, c’est le jour où j’ai eu peur de la mort. Dans le but de m’accepter moi-même et le temps qui passe, j’avais déjà décidé d’arrêter de me teindre les cheveux. J’ai passé quelques semaines inconfortables à chaque fois que je me regardais dans le miroir, mais de toutes façons je n’allais pas faire marche arrière car un jour ou l’autre il faudrait bien les affronter ces cheveux blancs. Et si c’est pour finir par m’accepter, autant le faire tout de suite. D’autant que cela offre un avantage notable: me rappeler du temps qui passe et donc de ne pas passer à côté de sa vie. Chaque émotion négative est une émotion ressentie, dans un corps qui vit, qui respire. Même ça, c’est mieux que mourir et ne pas avoir de corps. Après tout, si on prends la vie comme une expérience, et bien on est bien content de la vivre. Maintenant il ne faut pas que ça dure.
Mais il n’y a aucun risque à ça. Mon coeur ne me laisse pas ce genre de répit. Il aime. Il suffit que j’entende du bruit, et je tends l’oreille. C’est mon mari qui soupire, les cliquetis de son clavier, mon fils qui va aux toilettes, ma fille qui part voir ses amis. Rien d’extraordinaire, et pourtant c’est l’essentiel de ma vie. Ils sont tout ce que j’ai de plus précieux, tout ceux à qui je donne librement mon amour, et qui me le rendent bien. Et quand je m’ennuie, je pars faire une promenade dans le quartier. J’aime traverser le parc du Devin pour aller jusq’à la bibliothèque de quartier. Je regarde les livres, échange deux trois bons mots avec le bibliothécaire. Ma vie est simple et très heureuse.
Par le passé j’étais difficile, exigente et de plus en plus difficile à satisfaire: tout devait être parfait, et si ça l’était, le lendemain cela ne suffisait plus. Le vrai problème, c’est que je ne m’en rendais pas compte! En réalité, on glisse dans l’aigreur petit à petit jusqu’à devenir franchement insupportable. C’est affreux! Et l’ego de nous dire que nous sommes dans le juste car nous somme mus par un désir d’amélioration constante…
Je suis sûre que vous en connaissez plein, des gens bourrés de bonnes intentions, qui investissent dans leur développement personnel, qui mangent bio, plutôt végétariens, et qui se targuent d’être un exemple pour les autres. Ce sont les pires: de vrais tyrans. Encore plus radicaux que les radicalistes. Moi j’avais une cliente qui militait pour la protection de l’environnement, et qui ne pouvait s’empêchait d’avoir du retard à nos séances (jusqu’à 40 minutes une fois).
Il ne faut pas être trop accroché à ses idées et encore moins à ses idéaux dans la vie. Se laisser vivre et laisser les autres vivre, cela veut aussi dire les laisser souffrir. Même s’ils sont leur propre source de souffrance…
De toutes façons, la souffrance est toujours auto-infligée.
J’en parle, mais commme tout humain je n’en suis pas encore libre. Je retombe fréquemment dans le panneau: nombreux sont les amis ou les membres de ma famille qui se plaignent de leur souffrance et qui disent souhaiter trouver la sérénité. Mais dans les faits, le moindre conseil passe par l’oreille d’une sourde: ils ne changent rien, restent dans la complaisance. Et pire la prochaine fois, ils ajoutent à leur longue liste de misères cette fameuse complaisance…
C’est pour ça que j’ai arrêté le coaching. C’est pour éviter les geignards. Vous me fatiguez à me faire croire que vous voulez changer. Assumez-vous. Vous ne le voulez pas. Vous ne voulez même pas réellement que le monde change. Vous adorez vous plaindre. Alors faites le sans culpabilité puisque ça vous fait plaisir!
Moi aussi j’aime ça. Je vais y dédier un blog entier: à juger, réprouver, condamner. Sauf que c’est mon blog, alors je fais ce que je veux. Moi je veux 12 mois de Mai - comme ça je fais ce qui me plaît à longueur d’année. Et un jour, quand je me serais donnée à coeur joie, je passerais à autre chose.
Mangez ce qui vous plaît, ne faites pas de sport, adonnez vous à l’interdit! Je ne serais pas ce que vous n’aurez pas que vous avez aujourd’hui, mais vous aimerez la vie. Arrêtez de vous prendre tant au sérieux. Mais quelle prise de tête!!!
Moi j’ai eu de la chance: ‘I was made redundant’. En anglais, c’est ce qu’on dit quand on se fait licencier. En d’autres terme, la vie m’a fait comprendre que je n’étais pas si importante. Merde! Mais pourtant avec mon Masters d’une grande université américaine, mes 40 certificats de coaching et mes super-pouvoirs psychiques. Mais elle abuse, mec! On me sous-estime totalement!
Ben en fait, la vie n’a pas totalement tort. On est tous aimés, appréciés et en ce sens tous indispensables mais pas au point d’en faire une fête nationale. (ça c’est l’enfant blessé en nous qui parle) Donc pas besoin de se rendre malade à vouloir être spécial, parfait, exemplaire. Ah oui vous aurez peut-être des déclarations d’amour intempestives d’un fan club grandissant. Mais la plupart d’entre nous n’en avons pas besoin. On a envie de liberté, de goûter aux joies de la vie…et franchement ça ne va pas plus loin que de manger un bon couscous, allez nager de temps en temps, faire l’amour, lire un bon livre et chanter à tue-tête. Mais aussi comme on l’a vu plus haut, de s’adonner aux joies de juger, critiquer, comparer, et de s’imaginer les pires vengeances quand l’envie nous en prend (mais pas de l’acter, on est bien d’accord).
C’est tout ça la vie. Et c’est bien comme ça. Alors vivez votre vie, soyez heureux !
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